dimanche 8 mars 2015

[Point Grammaire n°1] L'accord des noms de couleur

L'accord des noms de couleur est, avec celui des participes passés et des mots composés, l'un des points les plus difficiles à maîtriser de la langue française. Nous allons commencer par quelques règles simples, avant d'évoquer les adjectifs de couleur composés...

[Point Ortho' n°1] Décrépi ou décrépit ?

Les homonymes trompeurs sont nombreux dans la langue de Molière ! En voici un qui nous donne du fil à retordre.

A l'origine de cette confusion, le verbe "décrépir" qui a deux significations :
1. En parlant d'un mur. Ôter le crépi.
2. En parlant de choses ou de personnes, métaphoriquement. Qui est exposé aux ravages du temps.

Ces différentes définitions viennent de la double origine de "décrépir" : crepare (craquer) et crespe (ondulé). Ainsi les deux participes passés décrépi et décrépit ne s'utilisent pas de la même façon.

Décrépi s'emploie uniquement pour désigner une chose qui a perdu son crépi
Décrépit s'emploie pour parler de quelqu'un, voire de certaines bâtisses, qui est atteint de décrépitude.

samedi 7 mars 2015

Le 7 mars

♦ 7 mars 1876 : Alexander Graham Bell fait breveter le téléphone

Le premier prototype est développé avec l'aide de Thomas A. Watson, employé d'une boutique à Boston. Pour ce premier téléphone, les ondes sonores créaient un courant électrique qui variait en intensité et en fréquence, provoquant la vibration d'une fine plaque de fer, le "diaphragme". Ces vibrations étaient transmises par un fil conducteur à une autre machine qui reproduirait, dans l'oreille du destinataire, les mêmes sons que ceux émis par l'émetteur. Le premier message intelligible transmis par ce téléphone fut un appel de Bell vers son assistant : "Mr. Watson, come here, I need you" (M. Watson, venez ici, j'ai besoin de vous). Belle effectua son dépôt de brevet deux heures avant Elisha Gray ; pour ne pas être évincée de ce nouveau marché, la Western Union Telegraph Company employa Gray et Thomas A. Edison pour développer leur propre système, provoquant la plainte de Bell qui porta le cas devant la Cour Suprême des États-Unis.

♦ 7 mars 1999 : mort de Stanley Kubrick

Considéré comme un des réalisateurs les plus emblématiques du 20e siècle, il s'éteint à 70 ans en Angleterre. Filmographie : Flying Padre (court-métrage, 1951), Day of the Fight (court-métrage, 1951), The Seafarers (moyen-métrage, 1953), Fear and Desire (1953), Le Baiser du Tueur (1954), L'Ultime razzia (1956), Le Sentiers de la gloire (1957), Spartacus (1960), Lolita (1962), Docteur Folamour (1964), 2001: l'odyssée de l'espace (1968), Orange Mécanique (1971), Shining (1980), Full Metal Jacket (1987), Eyes Wide Shut (1998).

♦ 7 mars 2010 : Kathryn Bigelow est la première femme remportant l'Oscar du meilleur réalisateur

Elle remporte la récompense devant James Cameron (Avatar) et Quentin Tarantino (Inglourious Basterds). Son film, Démineurs, raconte l'histoire de démineurs américains en Irak, en 2004, et a pour acteurs Jeremy Renner, Anthony Mackie et Brian Geraghty. Il remporte aussi l'Oscar du meilleur film, du meilleur scénario original, du meilleur montage, du meilleur montage de son, et du meilleur mixage de son. Avant Bigelow, seules quatre femmes avaient été nominées pour cette récompense : Lina Wertmueller en 1975 (Pasqualino), Jane Campion en 1993 (Le Piano) et Sofia Coppola en 2003 (Lost in Translation).

Erik Alfred Leslie Satie



A l'occasion d'un concours à Caen, je suis montée à Honfleur et j'ai visité les Maisons Satie. Je me permets donc un petit mot sur ce musée, installé dans la demeure où est né le compositeur. L'effort de créativité est impressionnant, ceux qui se sont occupés de l'aménagement ont dû s'arracher les cheveux pour retranscrire le caractère loufoque de Satie. On peut notamment voir une... gigantesque poire (lisez l'article, vous comprendrez). Un manège où il faut s'asseoir sur des sièges et pédaler pour entendre de la musique (pas folle, je suis restée à côté des sièges et j'ai actionné la pédale à la main, la machine faisait peur). Et une pièce toute blanche, qui ne comprend qu'un piano - blanc - et un banc pour les visiteurs ; la couleur marron de celui-ci montre bien une différence entre notre monde et celui du compositeur. La visite était agrémentée de commentaires audio grâce à un baladeur commandé par des capteurs infrarouges. L'idée est sympa, la réalisation un peu moins, parce que s'il y a un défaut dans l'appareil on manque beaucoup d'explications qui ne sont pas écrites... Quant au petit film concluant la visite (sur Parade), je ne l'ai pas regardé en entier, on aurait dit de l'art moderne joué par des danseurs et ce n'est pas ce qui me touche. En somme, si vous passez à Honfleur, je vous recommande les Maisons Satie, on y apprend beaucoup et surtout le musée retranscrit vraiment la personnalité du compositeur, un aspect souvent laissé de côté quand on va voir une exposition dans d'autres musées moins "spécialisés".

Aristoteles, dit "Aristote"


On l'appelle Aristote en français, Aristotle en anglais, et nous sommes bien les seuls à traduire son identité : en espagnol, en basque, en gallois, en allemand, on lui laisse son véritable nom: Aristoteles.

On le dit né en Macédoine en -384, et il est le fils du médecin Nicomaque, qui servait à la cour du roi Amyntas III de Macédoine, et de Phaéstis, une sage-femme originaire de l'île d'Eubée. Ses deux parents meurent quand il est jeune, et il est vraisemblablement élevé dans la maison familiale à Stagire, près du mont Athos. De -367 à -347, il suit à l'Académie d'Athènes l'enseignement de Platon. Il accepte certaines de ses idées : l'immortalité de l'âme, la nature divine des corps célestes... mais cela ne l'empêche pas de remettre en cause certaines de ses théories. Ainsi, pour Platon le plus haut degré de réalité est ce qui apparaît par le raisonnement. Pour Aristote, c'est ce qui est perçu par les sens : la raison est vide avant que les sens n'entrent en action. A la mort de Platon, l'Académie est reprise par son neveu Speussipus. Aristote quitte la ville et passe cinq ans sur les côtes d'Asie Mineure, notamment à Assos et Lesbos, en compagnie notamment du tyran Hermias d'Atarnée. Là commencèrent ses recherches sur la vie marine, et c'est aussi à cette période qu'il épouse Pythias d'Assos, nièce et fille adoptive d'Hermias d'Atarnée, vers 341. Il donne à sa fille le nom de sa femme.

Avec le naturaliste Théophraste, il se liera d'amitié et étudiera la botanique et la zoologie de l'île de Lesbos. Ils travailleront ensemble pendant plus de vingt ans. En -342, à 42 ans, Philippe de Macédoine l'appelle à Pellas pour qu'il y soit précepteur de son fils Alexandre, le futur Alexandre le Grand.